Tisanes sauvages
Le goût du printemps
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A 1100 mètres d’altitude, le printemps prend son temps, une fleur après l’autre, de la mi-mars jusqu’à la mi-juillet. La plupart des végétaux que je cueille sont des plantes sauvages particulières : on les dit rudérales, car elles prospèrent là où l’activité des hommes a transformé le milieu. Dans le jardin, ce sont des mauvaises herbes, dans les prés abandonnés, les premiers signes de la déprise agricole et de la fermeture du milieu, dans les clairières, les reconquêtes, sur le bord des routes, le menu de mes chèvres. Ces plantes vivent avec les hommes, mais n’ont jamais été domestiquées. Elles ont gardé l’âpreté, la subtilité des arômes, de plantes non sélectionnées et améliorées par le patient travail maraîcher. Elles ont surtout, avec une discrétion que leur tendance envahissante cache, un merveilleux goût de printemps. De plus, elles ont fait longtemps partie de la pharmacopée des paysans qui leur ont jadis donné de jolis noms imagés. A voir ces “herbes” profiter de la moindre goutte d’eau dans la sécheresse, du moindre rayon de soleil dans la fin de l’hiver, à les voir fleuries sous la neige, se redresser plus haut après avoir été broutées, on se doute qu’une force de vie quasi-irréductible leur a permis de s’adapter à la rudesse du climat. En consommer permet de faire sien une minuscule partie de la puissance de la montagne. |
| Les plantes sont récoltées en grande partie pendant la garde quotidienne de mes chèvres gourmandes, avec qui il faut partager les coucous, les violettes, le prunellier, … Fort heureusement, les plantes que je ramasse sont abondantes, du fait du type d’activité agricole (ici, l’élevage extensif de vaches à l’herbe a permis la conservation de prairies naturelles pour la pâture et la fauche, non semées, sur des parcelles non labourées) et de la déprise agricole. Le sol est riche du volcanisme ancien, de l’azote de la neige et de de la grande diversité d’espèces végétales due à l’élevage traditionnel. La présence, l’absence, selon les détours du chemin, de telle ou telle plante, racontent la géologie, le passage invisible de l’eau, un micro-climat aérien, un dépôt ancien de fumier, une pratique pastorale, ou l’abandon du pays aux broussailles. Un carré d’herbe, c’est toute une histoire… Je ramasse dans un rayon de 3km autour de la maison, il y a déjà de quoi faire sans prendre la voiture ! Une fois récoltées, les plantes sont vite mises à sécher à l’intérieur et envahissent toute la maison. Au bout de 2 à 6 jours, selon les plantes, c’est la mise en sachet. Aucune autre transformation sur ce fragile matériaux. |
Fabrication
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Tisanes au long des jours
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- Mars – Avril
C’est le tout début du printemps, il fait encore froid, la neige revient régulièrement. L’air pique au lever du jour, ou les nuages mangent la montagne. Les deux notes monotones du coucou accompagnent les heures d’errance. Les vaches sont encore en bâtiment, la montagne et ses trésors naissants nous appartiennent. Les plantes de ce timide renouveau ont des parfums frais, typés, et peu connus, à part la violette odorante.
Mélanges de violette, feuille de myrtille, genêt, coucou, menthe sauvage, lierre terrestre, plantain, prunellier, bourgeons de Douglas, ortie

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- Mai – mi Juin
Cette année, mai est contrasté, avec un court épisode hivernal au milieu d’une chaleur peu commune. Les prés blancs et dorés des céraistes et boutons d’or se complètent petit à petit des violets (oeillets, raiponce, knauties, scabieuses). Les plantes cueillies dans ce climat sec idéal ont des parfums fruités, célestes, parfois légèrement acidulés. Les feuilles des arbres ombragent l’herbe qui pousse haut et les effluves des érables ou des sorbiers en fleur n’ont rien à envier aux plus classiques sureaux ou reine des prés.
Mélanges de serpolet, ronce, framboisier sauvage, vipérine, sureau, fenouil des Alpes, mélisse, estragon, pimprenelle, bouton d’églantier

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- Juin- Juillet
Tout est en avance cette année, il fait très chaud (relativement à d’habitude), il y a beaucoup d’insectes, ça sent fort le pollen et les foins précoces. Les plantes accumulées pendant la garde très matinale sont tièdes quand on les étend enfin sur les claies, et amènent le soleil vainqueur dans les intérieurs. Dernières cueillettes, le printemps est fini, la végétation passe aux fruits.
Mélanges de mauve, gaillet, achillée, millepertuis, centaurée, basilic, épilobe, reine des prés, sureau

Propriétés des plantes sauvages
La violette est indiquée contre les rhumes et les infections respiratoires. Elle est également calmante et expectorante
La fleur de coucou et la reine des prés soignent les migraines, l’anxiété (et ses manifestations digestives) et l’insomnie
Le lierre terrestre, la ronce, le millepertuis et le plantain agissent sur les muqueuses et donc sont préconisés contre les bronchites, les dérangements intestinaux et hépatiques
La feuille de myrtille ont une action sur les cystites et les maladies de peau
La fleur de genêt est diurétique, tonicardiaque et anti-venin. Elle est également bénéfique contre les rhumatismes, et le dysfonctionnement du foie, tout comme le millepertuis
La menthe est rafraîchissante, antiseptique, digestive, expectorante, tonique !
La fleur de prunellier facilite la digestion et est un dépuratif efficace, tout comme la bourrache sauvage fleurie, l’ortie, le millepertuis et le fenouil des Alpes
La reine des prés est l’aspirine sauvage et elle atténue les douleurs de l’arthrose
La fleur de sureau, la bourrache fleurie et la feuille de framboisier sont sudorifiques, à prendre dès les premiers symptômes de refroidissement.
Le serpolet possède les mêmes propriétés que le thym, tonique, vermifuge, antiseptique, stimulant des fonctions respiratoires, digestives et nerveuses.
La fleur de mauve étant émolliente, elle calme les inflammations aiguës des voies respiratoires, gastriques et urinaires. Le millepertuis, sédatif, possède les mêmes propriétés.

Les sachets de tisane pèsent 25 grammes, et se déclinent pour chaque période en “tisane tonifiante” et “tisane calmante”. Les compositions de plantes de chaque sachet (entre trois et sept plantes différentes) se fera en fonction de la valeur gustative du mélange et des stocks.
Les tisanes tonifiantes stimulent la digestion, ou le système immunitaire, ou le foie, les reins, voire l’énergie générale.
Les tisanes calmantes endorment les nerfs, la toux, ou les inflammations.
Possibilité d’obtenir des sachets d’une seule plante : reine des prés, ronce, framboisier, sureau
Leur prix est de 6 euros
| Tisane tonifiante | Tisane calmante | ||
| Mars-avril |
« Bulles » (feuille de myrtille, genêt, bourgeons de douglas) « Dissipation des brumes matinales » (ortie, plantain, prunellier, lierre terrestre, menthe sauvage) |
« Quand vient le soir » (coucou, violette et lierre terrestre) | |
| Mai-juin |
« Pas de repos pour les braves » (cistre, serpolet, ronce, estragon) « A vos souhaits » (sureau, vipérine, ronce, framboisier) |
« Nicolas et Pimprenelle » (bouton d’églantier, mélisse, pimprenelle, framboisier) | |
| Juin-juillet | « Nuit de la St Jean » (achillée, mauve, gaillet vrai, millepertuis, épilobe) |


